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Études

HST 7009 Histoire des Amériques II : Peur et politique au Canada et au Québec, 1791-2017

Hiver 2018

Responsable : Martin Pâquet

Objectifs

  1. Acquérir des connaissances relatives aux phénomènes anxiogènes politiques dans des contextes contemporains au Canada et au Québec.
  2. Dans une démarche interdisciplinaire, explorer les outils d'analyse conceptuels inhérents à l'étude sociohistorique des rapports entre peur et politique.
  3. Analyser les rapports entre peur et politiques dans leurs multiples expressions discursives et manifestations pratiques, dans les terrains d'enquête du Canada et du Québec.
  4. Analyser les liens établis entre le passé, le présent et l'avenir dans les processus impliquant les émotions en politique.

Contenu

L’une des fonctions premières du politique est d’assurer la sureté des citoyens dans l’enceinte de la Cité. La réduction de la peur constitue donc l’un des objectifs fondamentaux qui mobilise tout responsable politique dans le cadre de ses activités. Depuis l’Ère des Révolutions, au Canada, au Québec et ailleurs dans le monde, toute une série de phénomènes émergeant concourt également à la transformation des rapports politiques : l’élargissement de l’espace public avec la démocratie représentative et la presse de masse; la gestion du nombre avec l’augmentation démographique et le pluralisme croissant de nos sociétés; l’habilitation citoyenne sous ses multiples dimensions – des femmes aux nouveaux arrivants, des jeunes aux personnes âgées, des classes sociales aux minorités de différents genres. Alimentés parfois par un « style paranoïaque » (Richard Hofstadter), ces phénomènes possèdent un potentiel anxiogène important, qui prend forme dans différentes manifestations politiques: chasses aux sorcières et théories du complot, épisodes de panique morale, menaces présumées ou effectives à l’ordre public. De la frayeur causée par la Révolution française parmi les élites bas-canadiennes à l’Opération Scorpion de 2002, de la peur de l’« invasion jaune » - celle supposément causée par les immigrants chinois - à l’émeute antisémite de Christie’s Pit, de la menace issue des rapports interconfessionnels ou interethniques à l’hystérie anticommuniste, sans oublier les multiples craintes engendrées par des pathologies diverses à l’instar de la variole et du sida : toutes ces manifestations nécessitent l’élaboration d’une politique de la peur par les responsables, et fournissent un objet d’étude pertinent pour l’historien.ne de la culture politique.


Ce séminaire cherche à comprendre l’historicité de ces phénomènes anxiogènes et de leur gestion subséquente par les responsables politiques. À partir des acquis d’une conceptualisation préalable et de l’analyse comparative avec d’autres terrains d’enquête en histoire contemporaine, les étudiants et étudiantes auront à produire une étude de cas dont le corpus documentaire sera tiré des sources de première main et des études secondaires. Ils et elles auront ensuite à présenter les résultats tirés de leur recherche dans le cadre d’un colloque, notamment afin de développer une culture scientifique fondée sur les échanges et les atouts de la critique historique.

Fonctionnement

Le cours comprendra quatre types d’activités pédagogiques. Tout d’abord, le professeur présentera des exposés magistraux sur les notions d’émotion et de peur ainsi que leur caractère opérationnel en histoire politique. Ces exposés seront donnés par le professeur mais aussi par des experts en la matière. Par la suite, le cours prévoit des discussions en ateliers autour de lectures explorant des problèmes spécifiques des rapports entre peur et politique en anthropologie historique et en histoire politique. Le cours prévoit également des enquêtes de terrain dans des lieux de pouvoir où se manifestent des expressions et des manifestations relatives à la peur – notamment à l’Assemblée nationale du Québec. Enfin, l’étudiant et l’étudiante auront à présenter en classe leurs recherches effectuées au préalable sur un cas historique, cas identifié à partir d’une liste de sujets proposés aux étudiantes et étudiants. Cette présentation aura lieu au cours d’un mini-colloque scientifique, afin de favoriser et de développer l’apprentissage des pratiques du métier d’historien et d’historienne.

Étudiants ayant un handicap, un trouble d'apprentissage ou un trouble mental

Les étudiants qui ont une lettre d’Attestation d’accommodations scolaires obtenue auprès d’un conseiller du secteur « Accueil et soutien aux étudiants en situation de handicap (ACSESH) » doivent rencontrer leur professeur au début de la session afin que des mesures d’accommodation en classe ou lors des évaluations puissent être mises en place. Ceux qui ont une déficience fonctionnelle ou un handicap, mais qui n’ont pas cette lettre doivent contacter le secteur ACSESH au 656-2880, le plus tôt possible. Le secteur ACSESH vous recommande fortement de vous prévaloir des services auxquels vous avez droit afin de pouvoir réussir vos études, sans discrimination ni privilège. Pour plus d’informations, voir la Procédure de mise en application des accommodations scolaires à l’adresse suivante : https://www.aide.ulaval.ca.

Évaluation

  • Journal de bord : 25 %
  • Exposé oral (mini-colloque) : 10%
  • Travail écrit (article scientifique) : 55 %
  • Participation : 10 %

Bibliographie

Elle sera distribuée en classe.

Évaluation du cours

En conformité avec la Politiques de valorisation de l'enseignement et Dispositions relatives à l'évaluation de l'enseignement à l'Université Laval, il est possible que le cours que vous suivez soit évalué. Si tel est le cas, vous recevrez une invitation à remplir un questionnaire d’appréciation. Votre opinion est très importante, car elle permettra d’améliorer la qualité de ce cours. Nous comptons donc grandement sur votre collaboration.

Politique d'évaluation des études

Politique d'évaluation du français

Politique sur le plagiat