Logo Université Laval Logo Université Laval

Études

HST 2605-B Séminaire d'histoire européenne VI: « Hérésies, contestations et révoltes au Moyen Âge (XIe-XIVe siècles) »

Automne 2015

Responsable : Didier MÉHU

Objectifs

  1. Amorcer l’étude de la société de l’Europe médiévale par le biais des mouvements contestataires, qui construisent, en creux, une image de l’ordre, des valeurs et des structures sociales.
  2. Connaître les principales hérésies qui se sont développées en Europe occidentale (principalement en France, Allemagne et Italie) entre le début du XIe et la fin du XIIIe siècle.
  3. Connaître les principales révoltes qui se sont développées en Europe occidentale (notamment en France, Angleterre et Italie) aux XIIIe et XIVe siècles.
  4. Aborder de manière critique les sources écrites de la société médiévale.

Contenu

La contestation et la révolte sont d’excellents révélateurs de la cohésion sociale, des relations entre les modes de domination et l’acceptation (ou l’intégration) de celles-ci par les populations. Si l’on s’en tient à la documentation écrite conservée, l’Europe occidentale ne semble pas avoir été secouée par des révoltes importantes entre le Ve et le Xe siècle. Cela ne signifie pas qu’il n’y en eut pas, mais soit qu’elles ne furent pas considérées comme suffisamment significatives pour laisser des traces écrites, soit qu’elles ne constituèrent pas des révoltes organisées, soit encore qu’elles ne furent pas considérées comme menaçantes pour la cohésion sociale.

La situation changea à partir de l’an mil. Les contestations religieuses, qualifiées d’hérésies, semblent alors se multiplier à mesure que l’Église devient une institution puissante. La montée d’un contre-ordre est donc clairement liée à la constitution de l’ordre ecclésial auquel il semble de plus en plus difficile d’échapper.

À partir du XIIe siècle, des regroupements laïcs émergent dans différentes régions de l’Europe pour revendiquer d’autres modes de gouvernement, notamment dans le cadre urbain (mouvement communal), et ces contestations se doublent souvent de révoltes religieuses. Le XIIIe siècle voit la mise en place d’organes de répression pour lutter contre les contestations de l’Église (Inquisition), ce qui n’empêche pas la contestation sociale de se poursuivre, que ce soit dans le cadre urbain, artisanal, voire religieux. Les révoltes populaires contre la domination seigneuriale semblent peu nombreuses avant la fin du XIIIe siècle, mais elles vont exploser dans la deuxième moitié du XIVe siècle et s’articuler à des contestations religieuses.

Le séminaire propose une réflexion approfondie sur ces différents mouvements contestataires qui s’échelonnent entre les années 1000 et 1400 environ. On verra à quel point les contestations que l’on classerait aujourd’hui dans les champs distincts de la religion, de l’économie ou de la politique sont étroitement imbriquées. Nous nous efforcerons de comprendre les relations entre ces mouvements contestataires et l’évolution des modes de domination, dont elles sont souvent un produit ; de même que les relations entre les hérésies, les révoltes et la dynamique intellectuelle de l’Europe médiévale.

Fonctionnement

Le séminaire articulera des présentations dirigées par le professeur, des discussions avec les étudiants à partir de textes soumis préalablement (articles, chapitres de livres), des analyses de sources originales traduites du latin, des présentations orales des étudiants sur l’un des sujets du séminaire.

Les séances précédant la semaine de lecture seront consacrées aux présentations magistrales et aux discussions collectives sur les textes et les sources originales.

Dans la deuxième partie du séminaire, les étudiants devront présenter à l’oral et à l’écrit deux travaux autour du même sujet, soit l’analyse d’un mouvement contestataire parmi un choix proposé par le professeur : la première sera une présentation générale du sujet construite à partir de la bibliographie ; la seconde sera une analyse de sources originales. Des rencontres individuelles permettront aux étudiants de discuter de leurs travaux avec le professeur.

L’assistance à toutes les séances du séminaire est obligatoire.

Évaluation

  • Présentation orale du travail historiographique : 20%
  • Présentation orale du travail sur les sources : 20%
  • Travail écrit reprenant les deux travaux : 50%
  • Participation aux discussions tout au long du séminaire : 10%

Bibliographie

La bibliographie détaillée sera fournie au début du cours.

Politique d'évaluation des études
Politique d'évaluation du français
Politique sur le plagiat