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Études

HST 2610 Séminaire d'histoire des Amériques V: "La Première Guerre mondiale au Canada

Automne 2014

Responsable : Martin Paquet

Objectifs

Ce cours cherche à :

  1. Favoriser l’acquisition de connaissances relatives à la Première Guerre mondiale et à ses incidences au Canada et au Québec.
  2. Analyser les impacts politiques, sociaux, économiques et culturels de cet événement international majeur dans les contextes canadien et québécois.
  3. Analyser les diverses arcanes de la mémoire des conflits au Canada et au Québec, en se penchant notamment sur les différents usages publics du passé qui y sont rattachés.
  4. Développer une réflexion personnelle relative à l'évolution et aux enjeux de la société contemporaine dans laquelle l'étudiant et l'étudiante vivent comme citoyens.

Contenu

Le 4 août 1914, le Royaume-Uni déclare la guerre à l’Empire allemand. Dès lors, tous les Dominions de l’Empire britannique, le Canada y compris, sont impliqués dans un conflit sanglant et d’une violence extrême qui prend des proportions mondiales. Jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918, à l’instar de la situation des autres pays belligérants, la Première Guerre mondiale va ainsi profondément bouleverser les repères politiques, sociaux, économiques et culturels des sociétés canadienne et québécoise.

Comme événement vécu au Canada et au Québec, la Première Guerre mondiale va opérer sur deux registres. D’abord, il y a le registre du marquage contemporain : les années 1914-1918 sont celles des conflits et du jeu des rapports de forces, conflits et rapports qui vont profondément marquer les relations d’appartenance collectives et les identités individuelles. Songeons bien sûr aux batailles militaires et aux différentes crises politiques – de la Crise de la Conscription au Règlement 17 en passant par les multiples manifestations d’exclusion. Pensons aussi à d’autres phénomènes structuraux comme les profondes mutations engendrées par l’économie de guerre, l’urbanisation accélérée ou à la reconnaissance partielle des femmes dans l’espace politique.

Après le retour à la paix, au fur et à mesure que l’événement s’éloigne, la Première Guerre mondiale opère sur un autre registre, celui de son inscription en mémoire, une inscription en mémoire qui débute dès le 11 novembre 1918 et qui se prolonge jusqu’à nos jours. Cette mémoire, c’est en premier celle des témoins qui ont vécu l’événement traumatique et qui se rappellent de ces épisodes mortifères et déchirants. C’est ensuite celle des divers agents de la Société civile dans l’espace public, individus comme associations, qui font référence à la Première Guerre mondiale pour différents motifs : des motifs partisans – les multiples usages publics du passé en matière de mobilisation pour une cause, quel qu’elle soit –, des motifs esthétiques – le cadre de la Première Guerre mondiale pour l’intrigue de romans, de films, de pièces musicales, etc. –, des motifs historiques – l’objet d’étude des années 1914-1918 pour les historiens – etc. C’est enfin la mémoire de l’État, canadien ou québécois, qui fait la promotion de la commémoration suivant divers objectifs partisans, dont ceux de la légitimité de l’État ainsi que de la valorisation du Devoir et du Sacrifice.

En se penchant sur des études de cas, ce séminaire veut donc étudier l’événement de la Première Guerre mondiale au Canada et au Québec selon les registres du marquage contemporain et de son inscription en mémoire. De la mobilisation générale à la Crise de la conscription, de la bataille de Passchendaele? au poème In Flanders Fields de John McCrae et au mémorial de Vimy, de l’octroi du droit de vote au fédéral pour les femmes au retour des vétérans, aux clivages ethniques et idéologiques à la commémoration actuelle, ce séminaire explorera les divers aspects d’un événement collectif majeur en histoire au Canada et au Québec depuis le dernier siècle.

Fonctionnement

Ce séminaire comprendra trois types d’activités pédagogiques:

  1. Tout d’abord, le professeur présentera des exposés magistraux sur la conceptualisation relative à l’événement, à ses registres du marquage contemporain et de l’inscription en mémoire; sur l’historiographie internationale y attenant et sur l’histoire de la Première Guerre mondiale au Canada et au Québec. Ce faisant, il s’appuiera sur les apports de la polémologie, des sciences politiques et des relations internationales, de la sociologie des communications et de la mémoire, ainsi que de l’histoire politique et de l’anthropologie historique.
  2. Par la suite, l’étudiant(e) préparera une analyse portant sur un cas politique relatif à la Première Guerre mondiale, que ce soit sur les conflits et rapports de forces contemporains ou sur les diverses manifestions mémorielles ultérieures. Il/elle aura à présenter une interprétation de témoignage préalable à l’analyse, puis il/elle aura à rédiger une dissertation sujette à évaluation normative, qui aura une dizaine de pages.
  3. Enfin, l’étudiant(e) aura à présenter oralement en classe ses recherches dans le cadre de discussion en séances de séminaire.

Note : Étant donné que l'historiographie canadienne est en grande partie en anglais, la connaissance de cette langue devient un atout important pour la réussite de ce séminaire. Toutefois la plupart des études portant sur l'historiographie québécoise sont en français.

Évaluation

• interprétation de témoignage (2-3 pages) : 15%
• exposé oral : 15%
• dissertation (10 pages) : 60%
• participation : 10%

Bibliographie

La liste des sujets et une bibliographie détaillée seront remises lors de la première séance.

Politique d'évaluation des études
Politique d'évaluation du français
Politique sur le plagiat