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Études

HST-2609 B Séminaire d'histoire des Amériques IV - Vertu et corruption au Canada et au Québec depuis l'Ère des Révolutions

Hiver 2014

Responsable : Martin Pâquet

Objectifs

Ce cours cherche à :

  1. Favoriser l’acquisition de connaissances relatives aux phénomènes de la vertu et de la corruption politiques dans des contextes canadien et québécois.

  2. Analyser les impacts sociaux et politiques des manifestations de la vertu et de la corruption dans l’espace public canadien et québécois.

  3. Analyser l’élaboration des normes, des valeurs et des représentations éthiques régissant le politique depuis l’avènement de l’Ère des révolutions au Canada et au Québec.

  4. Analyser les discours et les pratiques régissant les rapports entre la Société civile et l’État au Canada et au Québec depuis 1791, notamment en ce qui concerne l’instauration de normes éthiques dans l’espace public.

  5. Développer une réflexion personnelle relative à l'évolution et aux enjeux de la société contemporaine dans laquelle l'étudiant et l'étudiante vivent comme citoyens.

Contenu

 

Lorsque l’on se réfère aux épisodes du scandale du Pacifique en 1874 ou des commandites en 2005, des élections montréalaises en 1832 ou lavalloises depuis 1989, de l’industrie de la construction en 1974 ou en 2013, un constat se dégage : la corruption politique fait partie de l’histoire contemporaine au Canada et au Québec. En effet, népotisme ou patronage, collusion et trafic d’influence, pots-de-vin et détournement de fonds, abus des biens publics et caisses occultes : ici comme ailleurs, maintenant comme auparavant, les manifestations de la corruption politique sont sources d’affaires et de scandales. À ce titre, elles font fréquemment l’objet des dénonciations ouvertes, des commissions d’enquête et de la une des médias. Ces dénonciations dans l’espace public, elles se font au nom de la vertu qui doit, selon ses tenants, régir la vie politique. Vertu et corruption constituent donc deux pôles de la vie politique, notamment depuis l’Ère des révolutions où l’État moderne, la démocratie participative et le développement des communications de masse constituent des vecteurs de la vie en commun.

La vertu en politique renvoie aux idéaux éthiques. Selon une conception vertueuse de la vie politique, la communauté doit obéir à des règles fondées sur la justice et l’équité pour pouvoir assurer le bien commun. Dès lors, le monde politique n’est pas immuable car les citoyens et leurs représentants vertueux ne doivent pas se résigner aux injustices présentes. Puisque la vertu poursuit constamment cet idéal, d’où la popularité du thème du changement, peu importe qu’il soit de droite ou de gauche. Quant au pôle de la corruption, il se fonde sur une conception jugée réaliste du monde politique. Il présume que, de tout temps, les citoyens sont égoïstes et incapables d’adopter des comportements vertueux pour assurer le bien commun de la communauté. Partant, la corruption fait partie de la nature humaine : les citoyens et leurs représentants doivent donc accepter cet état de fait sans tenter vainement de le changer. D’où la popularité du « tous pareils » et d’une abstention fondée sur la démission devant les enjeux politiques.

En se penchant sur des études de cas, ce séminaire veut donc étudier les différentes manifestations de la vertu et de la corruption au Canada et au Québec, ainsi que leurs impacts subséquents depuis l’avènement de l’Ère des révolutions jusqu’à nos jours. De l’instauration du régime parlementaire au Haut et au Bas-Canada jusqu’aux commissions d’enquête contemporaines, des campagnes de moralité publique du passé aux grands scandales actuels, à l’échelle des ordres de gouvernement fédéral, provincial ou municipal, ce séminaire explorera les divers arcanes des normes, des valeurs et des représentations au cœur de l’éthique et du politique au Canada et au Québec depuis plus de deux siècles.

Fonctionnement

Ce séminaire comprendra trois types d’activités pédagogiques. Tout d’abord, le professeur présentera des exposés magistraux sur la conceptualisation relative aux discours, représentations et pratiques de la vertu et de la corruption; sur l’historiographie internationale y attenant et sur l’histoire de la culture politique canadienne et québécoise du XVIIIe au XXIe siècle. Ce faisant, il s’appuiera sur les apports de la philosophie politique, des sciences politiques et administratives, de la sociologie des communications et des médias, ainsi que de l’histoire politique et de l’anthropologie historique.

Par la suite, l’étudiant et l’étudiante prépareront une analyse portant sur un cas politique relatif aux discours, représentations et pratiques de la vertu et de la corruption dans le contexte canadien et québécois depuis l’Ère des Révolutions. Il et elle auront à présenter une stratégie de recherche – problématique et hypothèse – préalable à l’analyse, puis il et elle auront à rédiger une dissertation sujette à évaluation normative, qui aura une dizaine de pages.

Enfin, l’étudiant et l’étudiante auront à présenter oralement en classe leurs recherches dans le cadre de discussion en séances de séminaire.

Note : Étant donné que l'historiographie canadienne est en grande partie en anglais, la connaissance de cette langue devient un atout important pour la réussite de ce séminaire. Toutefois la plupart des études portant sur l'historiographie québécoise sont en français.

Évaluation

  • Stratégie de recherche (2-3 pages) : 15 % 
  • Exposé oral : 15 % 
  • Dissertation (10 pages) : 60 % 
  • Participation : 10 %

Bibliographie

La liste des sujets et une bibliographie détaillée seront remises lors de la première séance.

Politique d'évaluation des études

Politique d'évaluation du français

Politique sur le plagiat