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Études

HST-2157 Les structures de la société féodale, IXe-XIIIe siècles

Hiver 2014

Responsable: Didier Méhu

Objectifs

  1. Comprendre la notion de structure dans l’analyse historique des sociétés.
  2. Connaître les principales structures de la société dite « féodale », c’est-à-dire celle de l’Europe occidentale entre le IXe et le XIIIe siècle.
  3. Amorcer une analyse critique et conceptuelle de la civilisation de l’Europe occidentale au Moyen Âge à partir de l’étude des documents originaux.

Contenu

L’étude de la société féodale passe d’abord par la définition de son objet. Les termes « féodalité » et   féodalisme » ont été utilisés depuis 150 ans pour qualifier des sociétés bien différentes qui n’ont souvent rien à voir avec celle de l’Occident médiéval. On parlera ici de la société dite féodale à son apogée, c’est-à-dire entre le IXe et le XIIIe siècle.

La société féodale se définit moins par la place prépondérante du fief (feodum) dans les relations sociales que comme une organisation sociale originale dont les fondements ont été posés entre le IVe et le VIe siècle avec la disparition des structures sociales de l’Empire romain, le développement du christianisme et la fusion romano-germanique à tous les échelons du social. Marc Bloch (La société féodale, 1939) est le premier historien ayant tenté de fournir une analyse globale de cette société originale, en tenant compte de tous les documents qu’elle a produits et en s’efforçant de mener une enquête d’anthropologie historique. Le développement des analyses structurales dans les années 40 du XXe siècle puis la vogue du structuralisme dans l’après Seconde-Guerre ont suscité quelques belles réflexions de la part des historiens médiévistes (Jacques Le Goff, Georges Duby, Jean-Claude Schmitt), mais depuis une vingtaine d’années l’heure n’est plus aux grandes synthèses jugées souvent trop réductrices. Fort de recherches récentes très stimulantes (A. Guerreau, J. Baschet, A. Guerreau-Jalabert, J. Morsel), le cours veut poser des jalons pour une analyse structurale renouvelée de la société médiévale. Elle présuppose une déconstruction de la plupart des schèmes traditionnels diffusés dans les manuels ; elle se fonde sur une analyse sérielle des sources de toute nature et sur la construction de concepts propres aux historiens médiévistes.

Dans une telle perspective, des thèmes en apparence classiques (l’espace, le temps, le corps, la chevalerie, la parenté, la communauté, la paix et la guerre, etc.) prennent une toute autre signification. L’ambition du cours est de transmettre la richesse et les enjeux d’une telle démarche, dont les implications dépassent très largement l’analyse de la société médiévale.

Fonctionnement

Cours magistral accompagné d’étude de documents écrits (traduits du latin) ou figurés. Ces cours sensibiliseront les étudiants aux approches sociologiques et anthropologiques relatives à l’analyse structurale, puis nous envisagerons les principaux concepts susceptibles de construire une telle analyse de la société féodale. Les étudiants seront mis à contribution chaque semaine par la lecture obligatoire d’articles et/ou de sources relatifs au thème du prochain cours.

Évaluation

  1. Compte rendu critique sur des travaux relatifs à l’analyse structurale en histoire, 1er tiers de la session : 30 %
  2. Commentaire de document écrit ou figuré, 2e tiers de la session : 40 %
  3. Examen final : au choix un commentaire de document ou une dissertation portant sur l’ensemble de la matière vue en cours, fin de la session : 30 %

Bibliographie

Une bibliographie détaillée sera fournie à la première séance.

Politique d'évaluation des études

Politique d'évaluation du français

Politique sur le plagiat