HST-2603 B Séminaire d'histoire européenne IV : Hérésies et révoltes dans l'Europe médiévale, XIe-XIVe siècle

Automne 2011

Responsable : Didier Méhu

Objectifs

  • Amorcer l’étude de la société de l’Europe médiévale par le biais des mouvements contestataires, qui construisent, en creux, une image de l’ordre, des valeurs et des structures sociales.
  • Connaître les principales hérésies qui se sont développées en Europe occidentale (principalement en France, Allemagne et Italie) entre le début du XIe et la fin du XIIIe siècle.
  • Connaître les principaux mouvements de révolte populaires qui se sont développés en Europe occidentale (notamment en France, Angleterre et Italie) aux XIIIe et XIVe siècles.
  • Aborder de manière critique les sources écrites de la société médiévale.

Contenu

La contestation et la révolte sont d’excellents révélateurs de la cohésion sociale, des relations entre les structures de domination et l’acceptation de celles-ci par les populations. Si l’on s’en tient à la documentation écrite conservée, l’Europe occidentale ne semble pas avoir été secouée, jusque vers l’an mil, par des révoltes aristocratiques ou populaires importantes. Cela ne signifie pas qu’il n’y en eut pas, mais soit qu’elles ne furent pas considérées comme suffisamment significatives pour laisser des traces écrites, soit qu’elles ne constituaient pas des révoltes organisées, ni considérées comme menaçantes pour la cohésion sociale. La situation change à partir du XIe siècle. Les contestations religieuses, qualifiées d’hérésies, semblent alors se multiplier à mesure que l’Église amorce devient une institution ordonnatrice de l’ensemble des rapports sociaux. La montée d’un contrordre est donc clairement liée à la constitution d’un ordre ecclésial auquel il semble de plus en plus difficile d’échapper. À partir du XIIe siècle, des regroupements laïcs émergent dans différentes régions de l’Europe pour revendiquer d’autres modes de gouvernement, notamment dans le cadre urbain (mouvement communal), et ces contestations se doublent souvent de révoltes religieuses. Le XIIIe siècle voit la mise en place d’organes de répression pour lutter contre les contestations de l’Église (Inquisition), ce qui n’empêche nullement la contestation sociale de se poursuivre, que ce soit dans le cadre urbain, artisanal, voire religieux. Les révoltes paysannes et artisanales contre le système de domination seigneurial semblent peu nombreuses avant la fin du XIIIe siècle, mais elles vont exploser dans la deuxième moitié du XIVe siècle et s’articuler à des contestations religieuses.

Le séminaire propose une réflexion approfondie sur ces différents mouvements contestataires qui s’échelonnent entre les années 1030 et la décennie 1380. On verra à quel point les contestations que l’on classerait aujourd’hui dans les champs distincts de la religion, de l’économie ou de la politique sont étroitement imbriquées. Nous nous efforcerons de comprendre les relations entre ces mouvements contestataires et l’évolution des structures de domination, dont elles sont souvent un produit ; de même que les relations entre hérésies, révoltes et la dynamique intellectuelle de l’Europe médiévale.

Nous retiendrons notamment les thèmes suivants : les hérésies « élitistes » de l’an mil, les mouvements de pauvreté volontaire aux XIe et XIIe siècles (contestations érémitiques, « Pauvres de Lyon » ou Vaudois), les contestations antigrégoriennes du XIIe siècle (« cathares » de Rhénanie, « Bons hommes » du Languedoc), les révoltes religieuses et politiques en Italie aux XIe et XIIe siècles (Pataria de Milan., Commune de Rome), les communes violentes des XIIe et XIIIe siècles (Laon, Vézelay, etc.), les mouvements contestataires religieux aux XIIIe et XIVe siècles (Spirituels franciscains, Béguins et Béghards), les révoltes paysannes (jacqueries) du XIVe siècle, les révoltes artisanales et bourgeoises dans les villes françaises au XIVe siècle (Harelle de Rouen, Maillotins de Paris), les révoltes paysannes et contestations religieuses en Angleterre au XIVe siècle (Lollards), les révoltes antifiscales et antiseigneuriales en Languedoc au XIVe siècle (Tuchins).

Fonctionnement

Le séminaire articulera des présentations dirigées par le professeur, des discussions avec les étudiants à partir de textes soumis préalablement (articles, chapitres de livres), des analyses de sources originales traduites du latin, des présentations orales des étudiants sur l’un des sujets du séminaire.

Les séances précédant la semaine de lecture seront majoritairement consacrées aux présentations magistrales, aux discussions sur les textes et les sources originales.

Dans la deuxième partie du séminaire, les étudiants devront présenter à l’oral et à l’écrit deux travaux autour du même sujet (analyse d’un mouvement hérétique ou d’une révolte parmi un choix proposé par le professeur) : l’un sera un travail de première main à partir des sources originales (commentaire de texte), l’autre sera un travail de seconde main construit à partir de la bibliographie relative au sujet.

Des rencontres individuelles permettront aux étudiants de discuter de leurs travaux avec le professeur.

L’assistance à toutes les séances du séminaire est obligatoire.

Évaluation

  • Présentation orale du premier travail : 20 %
  • Présentation orale  du second travail : 20 %
  • Travail écrit reprenant les deux travaux : 40 %
  • Participation aux discussions tout au long du séminaire : 20 %

Bibliographie

La bibliographie détaillée sera distribuée au début du séminaire

Politique d’évaluation du français

Politique sur le plagiat