Automne 2011
Responsable : Laurier Turgeon
Ce séminaire est guidé par un double objectif : il vise, d'abord, à familiariser l'étudiant avec les nouveaux usages du patrimoine immatériel dans les musées et, ensuite, à le sensibiliser à la recherche appliquée par la présentation d'un projet de mise en valeur du patrimoine culturel immatériel dans le cadre d’un musée.
Le patrimoine culturel immatériel représente aujourd’hui un enjeu majeur dans les nouvelles façons de penser et de pratiquer la muséologie. Si pendant longtemps les visiteurs se sont laissés émerveiller par la présence physique des objets matériels dans l’espace muséal, de leur pouvoir d’évocation émotive et symbolique, ils veulent maintenant enrichir l’interprétation des objets par la connaissance de leurs modes de fabrication, d’utilisation et de signification. Plus encore, ils veulent que l’expérience muséale leur permette d’atteindre l’immatérialité du patrimoine, de vivre la force de ses affects et, bref, d’être formateur d’une sensibilité plutôt que simple médiateur d’un discours. Ils désirent voir des objets, des personnes et des performances en réalité augmentée, en faire l’expérience, vivre les émotions qu’ils transportent. Plus que de comprendre le sens des objets, ils souhaitent que les objets et les personnes sollicitent tous leurs sens : la vue, bien sûr, mais aussi l’ouïe, le goût, l’odorat, et le toucher.
Produit et porté par des personnes, le patrimoine culturel immatériel offre aux musées et aux muséologues la possibilité d’agir sur les corps, notamment sur les sens et l’affect, puis au patrimoine de faire corps avec les visiteurs. Selon la définition de l’UNESCO, il renvoie aux « pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel ». Le patrimoine immatériel permet de modifier le rapport à l’objet; celui-ci devient un lieu de communication et de médiation plutôt que de simple contemplation. Il contribue à rendre l’objet plus vivant et à restaurer ses fonctions sociales et identitaires. Il met en valeur la parole et le geste et, plus généralement, le corps comme lieu central de performativité du patrimoine. Le patrimoine immatériel permet également d’associer les individus et les groupes sociaux à la conservation et à l’exposition muséologique. Plutôt que de se soucier seulement de la conservation de l’objet dans sa forme physique, il incite à sauvegarder la pratique culturelle qui permet de produire l’objet et de la préserver par la transmission.
Le séminaire se déroulera sous forme d’exposés magistraux, d’analyses de textes présentées par les étudiants et de conférences par des invités, ce qui favorisera la discussion et l’échange d’idées.
L’évaluation portera sur la présentation critique d’un texte en classe (40 %), un travail de recherche de 12 à 15 pages qui présente un projet de mise en valeur du patrimoine culturel immatériel dans un musée (40 %), et une participation aux discussions et aux débats au séminaire (20 %).
La bibliographie sera distribuée lors de la première rencontre.
Réalisation : Services APTI - Faculté des lettres