HST-7027 Histoire politique du Canada : La polémique dans l'espace public, 1840-2011

Automne 2011

Responsable : Martin Pâquet

Objectifs

  1. Acquérir des connaissances relatives à l'engagement civique dans des contextes contemporains au Canada et au Québec.
  2. Dans une démarche interdisciplinaire, explorer les outils d'analyse conceptuels inhérents à l'étude sociohistorique des polémiques politiques.
  3. Analyser les polémiques par les dynamiques sociohistoriques des rapports de force et des relations de domination présents au Canada et au Québec.
  4. Explorer les tenants et les aboutissants des polémiques dans l’espace public dans des perspectives communicationnelle et polémologique, notamment leur médiatisation dans la Société civile et leur arbitrage par l’État.
  5. Analyser les liens établis entre le passé, le présent et l'avenir dans la vie politique.

Contenu

La réception du rapport Durham en 1839, l’affaire Guibord de 1869 à 1874, la pendaison de Louis Riel en 1885, le Règlement XVII et la crise de la conscription de 1917, la controverse entre les étudiants acadiens et le le maire de Moncton Leonard Jones en 1969, l’Accord de libre échange avec les États-Unis en 1988, les référendums québécois de 1980 et de 1995. Voilà autant de polémiques politiques parmi d’autres, qui ont secoué l’espace public au Canada et au Québec depuis les insurrections des Patriotes jusqu’à nos jours. À l’instar de l’utopie, la polémique est consubstantielle au politique. Elle met en présence des protagonistes – intellectuels, responsables politiques, membres des élites ou simples citoyens – qui s’affrontent, par les multiples usages de la rhétorique, sur des enjeux qui renvoient à la vie en commun, aux divisions sociales et aux projets d’avenir de toute communauté politique. Elle suppose également un espace public où se campent les positions antagonistes – des tribunes de la presse et des médias aux assemblées délibérantes et aux enceintes parlementaires. Elle implique enfin des instances régulatrices qui arbitrent les conflits pour éviter que celui-ci ne dégénère : l’État, par son exercice de la souveraineté et par son régime du droit, reçoit cet attribut suprême.

Portant sur la polémique dans l’espace public, ce séminaire d’histoire politique canadienne et québécoise explorera diverses facettes de cette dimension cruciale du politique depuis l’ère des Révolutions jusqu’au temps présent. S’inscrivant dans une perspective résolument interdisciplinaire – puisant en cela aux outils conceptuels et méthodologiques de l’anthropologie historique, de la sociologie des communications, de la rhétorique et de l’histoire politiques –, il cernera la polémique comme un objet d’étude circonscrit dans le temps, pouvant révéler les dynamiques des multiples rapports de force et des nombreuses relations de domination qui traversent le champ social. Par les usages publics du temps qui la caractérisent, ce séminaire saisira la polémique dans ses permanences mais aussi dans sa conjoncture plus éphémère. Par delà le bruit et la fureur, ce séminaire analysera enfin, grâce aux études de cas qui en seront tirées, l’importance du moment polémique au cœur de la vie politique au Canada et au Québec depuis deux siècles.

Fonctionnement

Le cours comprendra quatre types d’activités pédagogiques. Tout d’abord, le professeur présentera des exposés magistraux sur la notion de polémique et son caractère opérationnel en histoire politique. Ces exposés seront donnés par le professeur mais aussi par des experts en la matière. Par la suite, le cours prévoit des discussions en ateliers autour de lectures explorant des problèmes spécifiques reliés aux polémiques en anthropologie historique, en sociologie des communications, en rhétorique et en histoire politiques. Le cours prévoit également des enquêtes de terrain dans des lieux de pouvoir où se constitue et se manifeste les polémiques politiques – notamment à l’Assemblée nationale du Québec. Enfin, l’étudiant et l’étudiante auront à présenter en classe leurs recherches effectuées au préalable sur un cas de polémique politique. Cette présentation aura lieu au cours d’un mini-colloque scientifique, afin de favoriser et de développer l’apprentissage des pratiques du métier d’historien et d’historienne.

Évaluation

  • Journal de bord : 25 %
  • Exposé oral (mini-colloque) : 10 %
  • Travail écrit : 55 %
  • Participation : 10 %

Bibliographie

La bibliographie détaillée sera fournie au début du cours.

Politique d’évaluation du français

Politique sur le plagiat