Automne 2010
Responsable : Johanne Daigle
Depuis une trentaine d’années, un énorme chantier de recherches en sciences sociales, en particulier en histoire socioculturelle, s’est constitué dans la foulée des mouvements anticoloniaux en Europe, en Afrique et en Amérique latine. Les théories (post) coloniales, bien qu’elles aient encore peu marqué les institutions universitaires francophones, ont enrichi l’historiographie anglo-saxonne de nouvelles façons de « penser la société » en dehors du strict cadre national. Ce cours explore les approches, méthodes et sources de l’histoire sociale et culturelle contemporaine à partir des notions de colonialisme et de colonisation envisagées comme des processus continus dont les effets se prolongent dans l’histoire actuelle. À partir d’un examen critique de cet ensemble conceptuel et méthodologique, le cours invite à réexaminer les mécanismes coloniaux à l’œuvre dans l’histoire du Québec et du Canada des XIXe et XXe siècles à travers des thèmes comme les migrations et les contacts entre populations d’horizons divers, les mythes et les idéaux nationaux, les rapports à l’espace, les institutions sociales (santé, éducation, services sociaux) et les changements dans la vie quotidienne et la sexualité. Les rapports sociaux de sexe ayant fait l’objet de travaux originaux dans ce chantier de recherches, lesquels traversent l’ensemble des thèmes abordés, seront assurément pris en compte.
La première partie du séminaire portera sur l’historiographie des études (post) coloniales en sciences sociales (études pluridisciplinaires) et en particulier en histoire socioculturelle. Des exposés magistraux feront le point sur l’évolution récente de ce chantier de recherches, ses fondements théoriques et méthodologiques et l’impact des questions de genre (gender) dans cette historiographie. Les participants et participantes seront appelés à faire le point, à partir de lectures communes (dossier de textes) et de séances de discussion en classe, sur des travaux mettant à profit ces approches (autour de quelques thématiques dont les rapports à l’espace, les institutions, la vie quotidienne, etc.).
La deuxième partie du séminaire portera sur l’analyse, à partir d’un bilan critique de cet ensemble conceptuel et méthodologique, de l’un des mécanismes coloniaux à l’œuvre dans l’histoire socioculturelle du Québec et du Canada des XIXe et XXe siècles. Il s’agira d’expérimenter l’utilisation d’une approche conceptuelle explorée précédemment et d’en saisir l’intérêt dans une étude de cas (élaboration d’une problématique, d’une méthode d’analyse et d’une démonstration). Les travaux réalisés feront l’objet de présentations et de discussions lors d’une dernière séance collective (mini colloque scientifique).
Réalisation : Services APTI - Faculté des lettres