Hiver 2009
Responsable : Martin Pâquet
Dans leur relation avec le monde, les êtres humains entretiennent des conceptions de leur passé, conceptions variables selon les contextes socio-historiques mais essentielles à leur agir collectif et individuel. Dans toutes les sociétés, des individus ont rempli le rôle d’interpréter – sinon d’expliquer – le passé de leurs contemporains. Ils et elles se sont donnés un ensemble de moyens pour reconstituer ce passé à partir des traces documentaires, des outils conceptuels, etc. Ces ensembles de moyens constituent des pratiques qui se modifient selon les finalités de la construction de l’objet et de sa mise en récit, pratiques qui s’écartent de celles du récit littéraire et de la mythologie. Ces pratiques se modulent également selon les contextes socio-historiques des sociétés occidentales ou, pour le reprendre le concept de François Hartog, selon les régimes d’historicité propres à des périodes données.
L’histoire est fille de son temps, dit-on. Elle s’imbrique aussi dans des lieux précis. Se situant résolument dans une perspective de longue durée, ce cours veut donc offrir une lecture des pratiques du métier d’historien et d’historienne, de l’avènement de l’écriture aux développements contemporains des années 1980. Ce faisant, l’étudiant et l’étudiante établiront des liens entre les éléments structurants des sociétés occidentales (rationalisme, chrétienté, modernité, etc.), les modalités variables et les finalités mouvantes de la discipline historique.
Des exposés magistraux constitueront la base de ce cours. Celui-ci traitera, d'une façon chronologique, du rapport au passé et de la pratique de l'histoire, des débuts de l'écriture jusqu'au XXe siècle occidental.
Les étudiantes et étudiants choisiront, dès le début de la session, un document d’historien dans l'anthologie des réflexions sur l'histoire, réflexions faites par des historiennes et historiens québécois. Ils en feront un commentaire de témoignage selon la méthode privilégiée dans le cours des Lectures critiques – analyse de la production, analyse du contenu, bilan d’interprétation. Ce commentaire de document comptera pour 40% de l'évaluation. En établissant des liens avec l'évolution de l'historiographie à travers les temps et les lieux, le commentaire de témoignage prendra la forme d'un texte écrit qui sera substantiel – 8 pages –, démontrant ainsi une recherche importante et un esprit d’analyse confirmé.
Il y aura deux examens : le premier aura lieu avant la semaine de lecture et un examen final clôturera la session. Chacun de ces examens portera sur la matière du cours – exposés magistraux et lecture du manuel. Chacun des examens vaudra 30%.
Réalisation : Services APTI - Faculté des lettres