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BULLETIN D'INFORMATION DU DÉPARTEMENT D'HISTOIRE
Vol. 3 No 8 AVRIL 2001


OFFRES D'EMPLOI 

ARCHIVISTE 
Classement et préservation d'archives paroissiales, Diocèse de Gaspé 
10 à 12 semaines débutant selon disponibilités 
salaire à préciser (en vertu d'un programme de subvention)
Envoyer un Curriculum vitae à:
Fabrique de la paroisse St-Albert de Gaspé 
20 rue de la Cathédrale 
Gaspé, Québec G4X 1N8 
ou par télécopieur au (418) 368-5542 

TECHNICIEN EN ARCHIVISTIQUE 
Tâches diverses, Musée de la Gaspésie 
48 semaines, $12/heure 
Pour plus de détails, consulter l'offre d'emploi sur le site d'Emploi-Québec (offre 5113) ou communiquer avec un agent au (418) 360-8241 

ARCHIVISTES (PLUSIEURS POSTES) (URGENT) 
Solutions documentaires GESTAR inc. 
pour un mandat en Estrie 
$12/heure et 40 heures par semaine, frais de transport et d'hébergement remboursés 
Être bilingue (fonctionnel)car indexation de texte en anglais à faire 
contacter Patrice Labrie au (418) 877-5094 ou par courriel labriep@gestar.qc.ca 

PROFESSEUR RÉGULIER EN HISTOIRE SOCIO-ÉCONOMIQUE DU QUÉBEC, XIXe-XXe SIÈCLES 
Poste de professeur à l'Université du Québec à Trois-Rivières. 
Exigences: doctorat en histoire, expérience dans l'enseignement et publications dans un champ de recherche en histoire socio-économique, aptitude au travail en équipe, intégration des méthodes associant l'informatique au traitement de données. 
Date d'entrée en fonction: 1er août 2001 
Faire parvenir sa candidature accompagnée de deux copies du curriculum vitae avant 17h., le 13 avril 2001 à André G. Roy, Directeur, Service de la gestion des personnels, Université du Québec à Trois-Rivières, 3351 boul, des Forges, CP 500, Trois-Rivières, G9A 5H7 télécopieur: 819-376-5103. 

FINISSANTS ET FINISSANTES DE PREMIER CYCLE EN HISTOIRE: EMPLOI D'ÉTÉ 
Le ministère des Ressources naturelles du gouvernement du Québec, Direction des Affaires autochtones, embauchera pour le mois de mai prochain jusqu'à trois étudiants et étudiantes en histoire pour collaborer à la création de la Banque de Données Historiques sur les Autochtones du Québec. 
Pour une durée de treize semaines, l'équipe aura la tâche d'analyser le contenu de fiches documentaires, produites à partir de documents de sources primaires, de reproduire les informations dans la base de données et de vérifier la qualité de la saisie. 
Pour se qualifier, les étudiants et étudiantes doivent avoir complété au trimestre d'hiver 2001 la troisième année du programme de premier cycle en histoire, savoir lire l'anglais et connaître le traitement de texte Microsoft Word. 
Les étudiants et étudiantes intéressés doivent s'inscrire en remplissant le formulaire de demande d'emploi de Placement étudiant du Québec offert à l'adresse électronique suivante : www.placement-etudiant.mic.gouv.qc.ca 
Les personnes intéressées doivent s'assurer d'avoir choisi Sciences humaines - Histoire pour spécifier leur champ d'études. Prenez note que la sélection se fait par tirage au sort, et que les étudiants et étudiantes sélectionnés seront rejoints par téléphone. 

COLLOQUE ÉTUDIANT DU DÉPARTEMENT D'HISTOIRE 

Le premier colloque étudiant du Département d'histoire s'est déroulé au Pavillon Desjardins les 15 et 16 mars dernier. Une trentaine de communications ont été présentées par des étudiants des 2e et 3e cycles de tous les programmes du Département. Il s'agissait donc d'une occasion exceptionnelle de prendre connaissance de la richesse et de la diversité des sujets étudiés dans les six disciplines du département: archéologie, archivistique, ethnologie, histoire, histoire de l'art et muséologie. 
Les communications présentaient les recherches en cours soit en abordant des questionnements toujours en progression, en exposant des résultats déjà obtenus ou en réfléchissant sur des aspects plus méthodologiques. Le colloque a débuté par des communications des étudiants en histoire concernant la Nouvelle-France: la circulation de l'alcool entre 1663-1760, la manière dont Champlain tente de se présenter comme archétype du colonisateur français, les " massacres " du fort William-Henry (1757). D'autres historiens s'intéressaient plutôt à l'histoire européenne: population et officiers de justice au Moyen Age, l'imaginaire du complot dans les discours de Robespierre, le nationalisme dans le discours de la hiérarchie orthodoxe roumaine entre 1874 et 1886. Une communication portait sur les coups d'États militaires dans les pays d'Afrique centrale. Enfin, l'histoire antique a été abordée par deux communications, l'une touchant à l'étude du multiculturalisme à Alexandrie au Ier siècle de notre ère, l'autre consacrée à l'étude numismatique de la Victoire. 
Tout aussi variés que les sujets abordés par les historiens étaient ceux des étudiants en histoire de l'art: l'importance de la source photographique pour l'étude de certaines oeuvres, réflexion sur le devenir de l'art chrétien au Québec, la question du genre dans la peinture de paysage au tournant du vingtième siècle, l'iconographie dans les récits de voyage sur le Brésil entre le XVIIe et XIXe siècle, la conception du panorama de Jérusalem à Sainte-Anne-de-Beaupré, l'École des Beaux-Arts de Québec (1922-1940), et un essai de définition du régionalisme artistique canadien-français de l'entre-deux-guerres. 
Les étudiants en archéologie nous ont fait découvrir les résultats de campagne de fouilles (Vieux La Prairie; Djarquo de el Mughara / tell Hariri); l'analyse d'un site rupestre en territoire cri; une étude archéo-dendrochronologique permettant de documenter l'histoire de la drave dans la région de la Gatineau; une étude de céramique; une réflexion sur les apports techno-méthodologiques en archéologie. 
De leur côté, les étudiants du programme d'ethnologie ont proposé des communications sur l'évolution des études de folklore au Québec et sur un diffuseur du folklore québécois nommé Jacques Labrecque. Deux recherches relevant d'une ethnologie plus contemporaine portaient sur l'étude des intérieurs dans les banlieues québécoises et le phénomène de la récupération des textiles dans le design de mode actuel. 
Enfin, une communication racontait l'histoire de la Bibliothèque et du Musée d'Alexandrie, actuellement en reconstruction et une autre réfléchissait sur les incidences de la numérisation des documents d'archives. 
Les communications ont suscité des échanges enrichissants tant pour les conférenciers que pour l'auditoire. Autre élément important de ce colloque, il s'est avéré une belle occasion de nouer des liens entre collègues de disciplines différentes, mais aux intérêts souvent apparentés. Le colloque s'est terminé par un 5 à 7 qui a permis de socialiser tout en poursuivant les échanges. 
Nathalie Hamel 

CONFÉRENCE 

Mardi le 13 mars dernier, Monsieur ROLAND VIAU a prononcé une conférence intitulée "Un passé qui ne passe pas. Les rapports entre histoire et anthropologie". Lors de cette conférence, M. Viau a tenté de montrer pourquoi il existe encore des rapports difficiles entre histoire et anthropologie. 
Ayant collaboré à deux des histoires régionales publiées par l'INRS-Culture et Société (autrefois IQRC), M. Viau a souligné la faible place qui occupe la préhistoire, alors que l'on résume parfois 6000 ans d'histoire en deux pages. Ceci l'amène à suggérer que l'on croit encore en l'existence de la barbarie et en UNE civilisation, celle-ci étant un stade de l'humanité. Il souligne que l'on attribue encore la place dominante à l'Occident dans "l'humanitude", terme qu'il emprunte à Albert Jacquard.
Partant du fait que la première place des 100 personnalités les plus importantes du millénaire a été attribuée à Gutenberg, sous prétexte que la typographie a rendu possible la diffusion des savoirs, M. Viau souligne que selon les anthropologues, le progrès technique n'aurait pu se faire sans de multiples emprunts. A titre d'exemple, la technologie actuelle repose pour une bonne part sur l'algèbre, emprunté au monde arabe; les explosifs ont été inventés par les Chinois; la distillation, qui a permis à la chimie de faire des bonds considérables fut, elle aussi, empruntée au monde arabo-musulman. On pourrait continuer: l'écriture alphabétique, d'abord inventée pour des raisons commerciales en Mésopotamie, servait au recensement des marchandises dans les entrepôts des palais royaux; la démocratie, le plus souvent attribuée aux Grecs, était aussi présente en Éthiopie. Ainsi, l'Europe d'abord, puis l'Amérique, ont tout simplement bénéficié de l'accumulation d'inventions venues d'ailleurs. Cette accumulation d'emprunts aurait été permise par une géographie favorable faisant de l'Europe un carrefour. 
L'anthropologie pose la question à l'historiographie: pourquoi faudrait-il hiérarchiser les sociétés en fonction de leur progrès? La notion de progrès est un concept piégé: le progrès technique n'est pas l'apanage de la civilisation; il n'a pas pour corollaire le progrès social. S'adressant à l'historien, l'anthropologue dit que c'est en abordant le progrès technique avec un relativisme conséquent que nous comprendrons les faits sociaux. Le relativisme est un état d'esprit, une attitude de pensée qui tente d'éviter les préjugés. En fait, l'anthropologue cherche un juste milieu en faisant preuve d'une compréhension imaginative qui lui permet d'éviter l'ethnocentrisme, l'androcentrisme (préjugé subtil sur l'infériorité des femmes), et le chronocentrisme (habitude de juger les faits d'une société passée avec les valeurs de son époque).
Ceci interpelle l'anthropologue au syndrome qui le guette, celui du "going native" (ou "indian lover" ou "nigger lover"), qui consiste à considérer les autres ou leurs institutions comme meilleures que nous. M. Viau rappelle que nous construisons la réalité à partir d'un cadre de référence, d'une culture d'appartenance avec laquelle l'individu demeure solidaire. L'objectivité, c'est donc d'être d'abord conscient de sa propre subjectivité; en fait l'objectivité n'est que de la subjectivité honnête. 
Cette conférence a suscité une riche discussion sur la façon dont l'Europe s'est imposée comme civilisation et sur le pourquoi de sa domination, amenant le débat sur les influences des idéologies religieuses et de l'économie, en plus des questions de la géographie et du progrès technique abordées par M. Viau. 
Nathalie Hamel 

CONGRÈS: ÉTUDE DE L'ARCHITECTURE AU CANADA 

L'Université Laval sera l'hôte du Congrès annuel de la Société pour l'étude de l'architecture au Canada (SÉAC), du 6 au 10 juin 2001. Le Congrès aura pour thème ÉCRIRE ET CONSTRUIRE L'ARCHITECTURE DANS LE CANADA DU XXe SIECLE. 
Le programme complet du Congrès est disponible, en format .pdf (Acrobat Reader), à l'adresse: http://www.fl.ulaval.ca/celat/seacfr.pdf (version française) ou à l'adresse: http://www.fl.ulaval.ca/celat/seacangl.pdf (version anglaise). 
Pour plus d'information, on peut contacter Marc Grignon (marc.grignon@hst.ulaval.ca) ou Luc Noppen (luc.noppen@arc.ulaval.ca). 

COLLOQUE SUR LA RECHERCHE EN PÉDAGOGIE UNIVERSITAIRE 

La CREPUQ, dans le cadre de ses activités sur l'intégration des technologies de l'information et de la communication (TIC), organise un colloque sur le thème Recherche en pédagogie universitaire, le 27 avril 2001, à l'Université Laval. On peut trouver des informations sur le programme du colloque ainsi que le formulaire d'inscription à l'adresse suivante: http://www.crepuq.qc.ca/tic/repu/ 

LES OFFRES D'EMPLOI ET L'IMAGE DE NOS PROFESSIONS DANS LA SOCIÉTÉ (opinion) 

Martin Noël, étudiant à la maîtrise en histoire, nous raconte son expérience de recherche d'emploi. Il a été l'un des candidats au poste offert par la Société historique de Charlesbourg annoncé dans le Bulletin et qui s'adressait en fait aux seuls prestataires de l'aide sociale. 

«Je fis remarquer à la dame en charge du projet [...] qu'il lui serait peut-être difficile de trouver quelqu'un de qualifié pour occuper ce poste assez spécialisé. On demandait *au moins* un diplômé au Bacc en histoire. Mon interlocutrice de la Société historique me répondit candidement que ce n'était pas la première fois qu'elle faisait appel à ce type de candidature (c'est-à-dire des bacheliers en histoire, prestataires de l'aide sociale) et qu'elle n'avait jamais eu, jusqu'à maintenant, de difficulté à trouver des gens.
Apparemment, les diplômés en histoire sont souvent destinés à vivre au crochet de l'État, selon une partie de la population. Ayant été moi-même "victime" de l'offre de la Société historique de Charlesbourg, je crois pouvoir parler d'expérience, d'autant que pas plus tard qu'aujourd'hui, j'ai (encore) été aux prises avec une de ces offres d'emplois bidons. C'est cette fois une entreprise de la région de Québec qui offrait un poste d'archiviste par le biais du très officiel Service de placement de l'Université Laval. J'y postule, ayant de l'expérience dans le domaine de la gestion des ressources documentaires. Encore une fois on demandait un historien diplômé et encore une fois, un petit détail avait été "négligé" dans l'offre d'emploi. Première question d'une jeune fille appelant pour me dire que ma candidature l'intéressait: 
- êtes-vous toujours intéressé à travailler chez nous? 
- bien sûr, dis-je 
- êtes vous au courant qu'il s'agit d'un stage non rémunéré? 
Oups... Je commence à être exaspéré. Comment éviter ce genre de démarche inutile? Je n'ai pas les moyens de faire du bénévolat - qu'on l'appelle stage ou autrement - pour des entreprises de la région. Je pense que la perception que le public a de notre profession passe d'abord par l'estime que nous y portons nous-mêmes. Si des entreprises se permettent d'offrir à des professionnels diplômés des "stages" non rémunérés, c'est qu'il y a des gens pour accepter ces offres!
Mon opinion: il ne faut jamais se plier à de telles conditions car cela contribue à dévaluer tout le marché d'emploi des historiens. Même si cela aurait pu être intéressant pour moi au point de vue professionnel, j'ai évidemment répondu (très poliment) à la jeune fille que j'ignorais que le "stage" était non rémunéré et que dans ces conditions, je retirais ma candidature. J'espère ardemment qu'ils ne se trouveront pas un "poisson" pour mordre à leur hameçon, mais je ne me fais pas trop d'illusions. 
À ceux qui, comme moi, entrent bientôt sur le marché du travail: tenez votre bout, je n'ai pas envie de compétitionner avec des bénévoles diplômés!» 
Martin Noël, étudiant finissant à la maîtrise en histoire 

Le débat est amorcé. Si vous avez une opinion sur les moyens de valoriser nos professions, le Bulletin peut l'accueillir. 

PUBLICATIONS RÉCENTES 

Un numéro spécial de la revue Ethnologie vient de paraître (vol. 22, no 2, 2000), portant sur "Le/The Web", 206 p., sous la direction de B. JEWSIEWICKI et M. PASTINELLI. Dans ce numéro B. JEWSIEWICKI et M. PASTINELLI, «L'ethnographie du monde numérique ou comment faire du terrain dans "le meilleur des mondes"», p.5-22. 

MARC GRIGNON, "La solidité comme fiction architecturale", Architecture and Ideas, vol. 2, no. 2 (numéro thématique: "Architecture/Fiction"), p. 26-43. 

Outils, techniques et tablettes: sur les traces de savoirs agricoles d'autrefois 
Film produit par le CNRS et financé conjointement par le CNRS et l'équipe d'archéométrie de l'Université Laval. Ce film présente les résultats des recherches expérimentales, fonctionnelles et épigraphiques menées conjointement depuis 5 ans par Patricia Anderson (CNRS-Nice), JACQUES CHABOT (CNRS-Nice et Université Laval), Jean-Pierre Grégoire (CNRS-Paris) et Jacques Pelegrin (CNRS-Paris). 
Résumé
Les premières manifestations agricoles sont apparues il y a environ 10 000 ans en Asie du sud-ouest. Ce film raconte la redécouverte du premier outil agricole complexe : le tribulum qui servait à battre le grain et à hacher la paille. Cette découverte est le fruit d'une collaboration pluridisciplinaire entre divers chercheurs. C'est grâce au croisement des résultats obtenus dans le cadre des diverses analyses scientifiques effectuées sur les indices archéologiques (lames de silex sophistiqués, traces microscopiques de plantes hachées et textes en cunéiforme gravés sur des tablettes en argile) qu'il a été possible de reconstituer expérimentalement cet outil fascinant et de comprendre le rôle important qu'il joua il y a 5000 ans. 
Ce film est distribué en Europe par le CNRS et en Amérique par le CELAT et UCLA (en sous-distribution). Il sera présenté en avril au colloque "Society for American Archaeology" qui réunira à New Orleans entre 2000 et 3000 archéologues (professeurs, chercheurs et étudiants).


Le bulletin d'information du Département d'histoire est archivé à l'adresse suivante:
http://listes.ulaval.ca/listserv/archives/bul-hst.html. On trouvera à cette adresse tous les bulletins parus jusqu'à maintenant.

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Dernière modification de cette page: 1er avril 2001